Camper chinois à moins de 19 000 euros : l’offre qui fait rêver, mais est-elle vraiment possible en France ?

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Une promesse qui fait vibrer : un camping-car chinois pour moins de 19 000 euros débarque en Europe. Peut-on enfin partir à l’aventure petit budget dans un van dernier cri, ou attend-on ici la douche froide ? Avant de boucler votre sac à dos, faisons le point sur ce rêve venu d’Asie, ses réelles possibilités en France, et ses calculs plus épicés qu’un wok de Sichuan…

Des camping-cars chinois aux portes de l’Europe

Il n’y a pas que les voitures électriques qui nous arrivent de Chine ! Les marques chinoises proposent désormais des buscampers et des modèles à capucine dont les gadgets n’ont rien à envier aux alternatives européennes. Conséquence : les tout premiers exemplaires ont déjà trouvé le chemin de l’Europe. La route passe bien souvent par l’Allemagne, où importateurs et salons spécialisés exposent ces véhicules venus de l’Est.

Un exemple récent : la Kampeerautoclub néerlandaise a récemment annoncé l’arrivée du Maxus RV 9, développé sur la base du Deliver 9. C’est donc un nouveau modèle chinois que l’on peut, en théorie, envisager sur les routes européennes. Attention toutefois à ne pas prendre la barre symbolique « sous les 20 000 » euros pour argent comptant…

Le vrai prix, bien au-delà des catalogues chinois

Prenons la Farizon X-Van, un camper chinois tout en audace, estimé par les médias néerlandais autour de 32 000 € dans son pays d’origine. Ce tarif reste attractif. Mais soyons clairs : ces prix cassés sont réservés à la Chine, sans les exigences ni les taxes européennes. Dès qu’un véhicule débarque sur le sol néerlandais – ou français – c’est une nouvelle aventure administrative (et budgétaire) qui commence.

  • Passage obligatoire à la DRIRE néerlandaise (ou française) : homologation et enregistrement sont indispensables avant la moindre virée.
  • Ajout de nombreux équipements pour répondre aux normes ECE : feux, compteur en km/h, feu arrière antibrouillard côté gauche, ancrages de ceinture… et n’oublions pas l’installation gaz et l’électricité qui doivent toutes répondre aux normes de sécurité européennes. Chaque différence technique peut transformer la facture.
  • Ajoutez la BPM (une taxe calculée selon le type de carburant et le prix catalogue du véhicule). À noter qu’à partir de 2025, un montant BPM fixe s’appliquera pour les camping-cars ne rejetant pas de CO₂.
  • Transport, droits de douane pour une importation hors UE, TVA, nouvelle homologation (type européen ou individuelle)… la « China-price » se confronte brutalement au mur des coûts européens.

Un rêve impossible ? Pas nécessairement… mais pas à n’importe quel prix

Face à cette complexité, faut-il renoncer ? Pas forcément. Mais l’aventure nécessite un vrai budget, bien ficelé. Avant de craquer pour ce joli van aperçu en vidéo, mieux vaut vérifier si le modèle est déjà distribué par un importateur européen. Cela évite les maux de tête liés à l’homologation, aux pièces détachées et à la garantie. Rien de tel pour éviter de jouer les pionniers du bricolage avec des adaptations coûteuses et chronophages.

Petit conseil d’ami : Utilisez le prix chinois comme une référence, pas comme une promesse pour la France. Comparez aussi ce qu’offrent les buscampers ou microcampers européens : ils font moins rêver sur Instagram, mais ont l’avantage d’être tout de suite prêts à prendre la route et bien assurés.

  • Pensez aussi aux frais d’utilisation : le tarif moyen d’une nuit en camping pour une famille de quatre personnes atteint 36 €.
  • Le coût des séjours a connu une hausse partout en Europe, plus modérée toutefois aux Pays-Bas.
  • Un camping-car chinois « tout équipé à 18 800 € » ? Alléchant, mais quasiment jamais possible sans surcoût en France ou ailleurs en Europe. Les tarifs, une fois importés, s’alignent vite sur les réalités du marché européen.

Avant de signer : ce qu’il faut vérifier

Vous êtes vraiment tenté par la route en camping-car version chinoise ? Avant toute chose, vérifiez qu’une filière officielle existe déjà pour l’Union européenne. Additionnez tous les frais – du BPM aux droits d’import, sans oublier l’homologation. Ce n’est qu’alors, calculatrice en main, que vous saurez si l’affaire est (ou non) à saisir. On ne perd jamais à bien compter, surtout sur un projet qui doit rimer avec liberté et non avec mauvaises surprises !

En résumé : l’offre venue de Chine met du piment sur la scène européenne du camping-car. Mais, si l’on rêve d’aventure bon marché, gare au retour à la réalité… européenne. Avez-vous plutôt l’âme bricoleuse ou le sens du calcul ?

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