Au milieu des années 1990, le monde automobile découvre une philosophie radicale venue du Japon. La honda integra type r auto incarne une vision pure de la sportivité : un moteur atmosphérique explosif, un châssis affûté et une légèreté extrême. Avec seulement 430 exemplaires vendus en France, ce coupé compact devient aujourd’hui une légende recherchée par les collectionneurs. Découvrez pourquoi cette japonaise continue de faire battre le cœur des puristes.
En bref
- Moteur 1.8L de 190 chevaux atteignant 8 650 tr/min avec un rendement exceptionnel de 106 ch/L
- Seulement 430 exemplaires importés en France entre 1998 et 2001, tous en coloris blanc obligatoire
- Poids plume de 1 119 kg grâce à un équipement minimaliste (sans radio ni airbags d’origine)
- Prix actuel entre 13 000 et 20 000 euros selon kilométrage et état, avec une cote en hausse constante
- Fiabilité légendaire Honda avec des exemplaires dépassant 300 000 km si l’entretien est respecté
Historique de la Honda Integra Type R
La Honda Integra Type R auto représente une page marquante dans l’histoire des sportives compactes. Ce coupé radical a d’abord vu le jour au Japon en 1995, avant de débarquer sur le marché français en 1998.
Sa commercialisation en France s’est étendue jusqu’en 2001, année où Honda a décidé de retirer le modèle au profit de la Civic Type R. Cette courte période de disponibilité explique en grande partie sa rareté aujourd’hui.
Le marché français n’a reçu qu’environ 430 exemplaires, un chiffre très limité qui s’inscrit dans le contexte des quotas d’importation japonais de l’époque. Ces restrictions fixaient la part des voitures nippones à 3%, puis 4,5% entre 1993 et 2000.
La version coupé DC2 a été fabriquée à 24 860 unités dans le monde jusqu’en 2002. Il existait également une version japonaise à quatre portes, la DB8, écoulée à 5 135 exemplaires entre 1995 et 2000.
Honda positionnait cette Integra comme une sportive radicale, dotée d’un différentiel à glissement limité, de trains roulants sophistiqués et d’une caisse légère. Son ADN compétition était assumé dès l’origine.
Caractéristiques techniques de l’Integra Type R
Moteur et performance
Le cœur de cette Honda Integra Type R auto bat à très haut régime. Son quatre cylindres en ligne de 1 797 cm³ développe 190 chevaux à 7 900 tr/min, un rendement exceptionnel pour l’époque.
Ce moteur atmosphérique atteint 106 ch/L, un record qui rivalise avec la Ferrari F355 et ses 108 ch/L. La distribution à double arbre à cames en tête avec VTEC et 16 soupapes permet cette prouesse technique.
Le couple maximal de 178 Nm n’apparaît qu’à 7 300 tr/min. C’est très haut, ce qui demande de faire hurler le moteur pour exploiter son potentiel. Le rupteur intervient à 8 650 tr/min, permettant des montées en régime spectaculaires.
Les performances annoncées placent le 0 à 100 km/h entre 6,7 et 7,0 secondes selon les sources. La vitesse maximale atteint 231 à 233 km/h. Le 400 mètres départ arrêté passe en 15,2 secondes.
Au volant, le moteur affiche un caractère bien trempé. Un creux se fait sentir vers 3 000 tr/min, puis la magie opère à partir de 6 000 tours. La poussée devient alors franche et linéaire jusqu’au rupteur.
La consommation varie sensiblement selon l’usage. Comptez autour de 10 L/100 km en conduite normale, mais cela peut grimper à 14 litres si vous exploitez régulièrement les hauts régimes.
Transmission et châssis
Une boîte manuelle 5 rapports aux rapports bien étagés transmet la puissance aux roues avant. Cette transmission se distingue par sa commande précise et agréable, parfaitement adaptée au caractère du moteur.
Le différentiel à glissement limité hélicoïdal constitue un atout majeur. Il garantit une excellente motricité en sortie de virage, limitant les pertes de traction malgré la configuration traction.
Les suspensions à doubles triangles à l’avant comme à l’arrière assurent une tenue de route remarquable. L’amortissement reste assez sec mais acceptable pour un usage quotidien.
Le freinage s’appuie sur des disques ventilés de 282 mm à l’avant et 260 mm à l’arrière. L’ABS est présent, mais pas d’antipatinage ni d’ESP : la voiture demande une certaine maîtrise.
Avec un poids contenu à 1 119 kg, le rapport poids/puissance atteint 5,88 kg/ch. Cette légèreté contribue largement à l’agilité et aux sensations de conduite. Les pneus en 195/55 R15 peuvent sembler modestes, mais ils collent parfaitement au tempérament de la voiture.
Conception et design extérieur
Esthétique et couleurs disponibles
L’Integra Type R affiche une silhouette basse et athlétique. Son trait le plus reconnaissable reste sans conteste le grand aileron arrière, signature visuelle des Type R japonaises.
Les jantes de 15 pouces à bâtons complètent cette allure sportive sans tomber dans l’excès. La ligne générale reste sobre, presque discrète comparée aux standards actuels.
Le marché français imposait une contrainte inhabituelle : toutes les Integra Type R vendues étaient blanches. Pas le choix, c’était blanc ou rien. Cette particularité renforce aujourd’hui l’authenticité des modèles hexagonaux.
D’autres marchés européens comme la Belgique, la Suisse ou l’Allemagne ont eu accès à des teintes supplémentaires. Le rouge, le noir et le jaune existaient, rendant ces exemplaires importés facilement identifiables.
La version nord-américaine commercialisée sous la marque Acura présentait quelques différences esthétiques. Les versions japonaises arboraient des optiques rectangulaires plus conventionnelles.
Aerodynamisme et fonctionnalités
L’aérodynamique a fait l’objet d’une attention particulière. Le grand aileron arrière ne sert pas qu’à l’esthétique : il procure un appui supplémentaire à haute vitesse.
La caisse a été travaillée pour optimiser les flux d’air, même si le coefficient Cx précis n’a jamais été communiqué officiellement. Les lignes tendues participent à cette recherche d’efficacité.
https://www.facebook.com/jeanphilippephauto/videos/honda-int%C3%A9gra-type-r/25831031686588685/
Malgré son caractère sportif affirmé, l’Integra conserve un coffre de 375 litres. Cette capacité permet d’envisager des trajets longs sans trop de compromis sur les bagages.
L’habitacle et le confort
Équipement et options
L’intérieur reflète la philosophie radicale du modèle. Sobre et sans gadget, le cockpit se concentre sur l’essentiel. Pas de radio, pas d’airbags, et la climatisation n’était proposée qu’en option.
Cette climatisation optionnelle était facturée 10 000 francs à l’époque, une somme conséquente. Beaucoup d’acheteurs s’en sont passés pour privilégier la légèreté et rester fidèles à l’esprit Type R.
Les quelques touches de confort se limitent aux vitres et rétroviseurs électriques. L’ABS figure au catalogue, mais aucune autre aide électronique ne vient s’interposer entre le conducteur et la route.
Cette approche minimaliste peut dérouter, mais elle fait sens dans la recherche de performance pure. Chaque gramme économisé compte quand on vise l’efficacité maximale.
Ergonomie et matériaux
Les baquets Recaro revêtus d’Alcantara offrent un maintien exemplaire. Le rouge et noir du cockpit créent une ambiance sportive sans être trop agressive visuellement.
Le volant Momo tombe bien en main. Le pommeau de vitesses en titane ajoute une touche technique appréciable. Ces détails rappellent que nous sommes à bord d’une voiture spéciale.
L’assemblage et la qualité des plastiques restent satisfaisants, typiques des standards Honda de l’époque. Rien à voir avec le luxe d’une allemande, mais la robustesse est au rendez-vous.
La position de conduite demande peu de réglages. Une fois bien calé dans les baquets, on se sent immédiatement en phase avec la voiture. Tout tombe sous la main naturellement.
Entretien et fiabilité
Points à surveiller
Le moteur Honda se montre extrêmement robuste quand l’entretien est respecté. La courroie de distribution réclame un changement au maximum tous les 120 000 km ou tous les 7 ans.
Les vidanges moteur doivent être effectuées avant 10 000 km. Pour la boîte de vitesses, programmez une vidange avant 40 000 km. Ces intervalles peuvent sembler courts, mais ils garantissent la longévité mécanique.
Quelques points méritent une attention particulière à l’achat :
- L’embrayage s’use plus vite que la moyenne et demande souvent un remplacement vers 80 000 km
- Le revêtement Alcantara des baquets se révèle fragile avec le temps
- L’historique d’entretien doit être complet et documenté
- Le moteur doit toujours être chaud avant toute conduite sportive
Certains exemplaires ont franchi le cap des 300 000 km sans souci majeur. Cette fiabilité légendaire rassure, à condition de ne pas négliger les révisions et de laisser le moteur monter en température avant de le solliciter.
Coût d’entretien
L’entretien courant reste abordable pour une sportive de ce calibre. Les pièces d’usure courantes ne coûtent pas une fortune, et le réseau Honda facilite l’approvisionnement.
Le rythme des vidanges tous les 10 000 km représente le poste le plus fréquent. L’huile de qualité reste indispensable pour préserver ce moteur haute performance.
Les interventions plus lourdes comme le remplacement de l’embrayage ou de la courroie de distribution demandent un budget plus conséquent. Mieux vaut anticiper ces dépenses lors de l’acquisition.
Marché et valeur actuelle de l’Integra Type R
Prix moyen en France
Le marché de l’Integra Type R connaît une évolution constante. Comptez environ 13 000 euros pour un exemplaire en bon état, généralement avec plus de 180 000 km au compteur.
Un modèle vraiment impeccable atteint 16 000 euros. Si vous cherchez un exemplaire à moins de 80 000 km, prévoyez un budget de 20 000 euros. Ces tarifs reflètent la rareté croissante du modèle.
Pour situer ces montants, rappelons que le prix neuf s’élevait à 159 000 francs en 1998, soit l’équivalent de 32 500 euros actuels. C’était le tarif d’une Peugeot 306 S16 Pack Premium, pourtant moins puissante avec ses 167 chevaux.
Les vendeurs les plus optimistes affichent parfois 15 000 euros pour des voitures à 80 000 km d’origine. Le marché reste tendu, avec peu d’exemplaires disponibles.
Perspectives de collection
La cote grimpe lentement mais sûrement depuis plusieurs années. La rareté des 430 exemplaires français joue en faveur d’une revalorisation continue.
Les collectionneurs recherchent en priorité les modèles français d’origine, blancs, en parfait état avec moins de 50 000 km documentés. Ces perles rares se négocient au prix fort.
Les imports de Belgique ou d’Allemagne, reconnaissables à leurs couleurs non blanches, suscitent moins d’intérêt. Les puristes privilégient l’authenticité hexagonale.
Plusieurs facteurs soutiennent l’attrait collection : le caractère radical, le moteur atmosphérique de 190 chevaux, le poids plume proche de 1 100 kg, et surtout la disparition programmée de ce type de sportives.
Pourquoi choisir une Honda Integra Type R ?
Sensations de conduite et plaisir
Le moteur constitue l’attraction principale. Relativement souple à bas régime, il révèle son véritable tempérament à partir de 6 000 tours. La poussée jusqu’à près de 9 000 tr/min procure des sensations inoubliables.
La boîte aux rapports rapprochés s’avère un régal. Manier le levier devient un plaisir en soi, chaque passage de vitesse s’effectuant avec précision. L’étagement permet de rester dans la zone de puissance.
Le châssis se montre vif et communicatif. La direction transmet fidèlement les informations de la route. Le différentiel assure une motricité bluffante en sortie de virage, même en poussant fort.
L’Integra conserve une polyvalence minimale avec 4 vraies places et un grand coffre. Les longs trajets restent possibles, même si le bruit de roulement se fait sentir. Cette voiture peut servir au quotidien.
Une voiture pour puristes
L’équipement volontairement limité sert un objectif clair : l’efficacité pure. Pas de superflu, juste ce qu’il faut pour aller vite et prendre du plaisir.
Cette Honda se rapproche d’une voiture de compétition homologuée pour la route. Son tempérament exige une conduite engagée pour révéler son potentiel. Conduite mollement, elle reste anonyme.
C’est précisément ce caractère entier qui séduit les passionnés. À une époque où les sportives deviennent de plus en plus lourdes et assistées, l’Integra Type R représente une autre philosophie.
Elle demande implication et maîtrise, récompensant le conducteur attentif par des sensations brutes. Pour qui cherche une connexion directe avec la mécanique, cette japonaise reste une référence incontournable.
FAQ
Quelle est la puissance d’une Honda Integra Type R ?
Quelle est la puissance d’une Honda Integra Type R ? Elle développe 190 ch à 7 900 tr/min (moteur 1 797 cm³), avec un caractère qui s’exprime surtout au-delà de 6 000 tr/min grâce au VTEC.
Quel est le prix d’une Honda Integra Type R 1.8 190 1998 ?
Quel est le prix d’une Honda Integra Type R 1.8 190 1998 ? En France, comptez environ 13 000 € en bon état (souvent +180 000 km), 16 000 € pour un bel exemplaire, et jusqu’à 20 000 € sous 80 000 km.
Quelles sont les caractéristiques techniques principales de la Honda Integra Type R (1998) ?
Quelles sont les caractéristiques techniques principales de la Honda Integra Type R (1998) ? 1 797 cm³, 190 ch, 178 Nm, boîte manuelle 5 rapports, traction, 0-100 km/h 6,7 s, 231-233 km/h, env. 1 119-1 125 kg.
Y a-t-il une version automatique de la Honda Integra Type R ?
Y a-t-il une version automatique de la Honda Integra Type R ? Non, la Honda Integra Type R est associée à une boîte manuelle 5 rapports, avec une commande réputée précise et des rapports adaptés aux hauts régimes.
Pourquoi la Honda Integra Type R est-elle rare en France ?
Pourquoi la Honda Integra Type R est-elle rare en France ? La Honda Integra Type R n’a été vendue en France que de 1998 à 2001, avec environ 430 exemplaires, en partie à cause des quotas d’importation japonais de l’époque.
Quelles versions de l’Integra Type R ont existé (DC2, DB8, DC5) ?
Quelles versions de l’Integra Type R ont existé (DC2, DB8, DC5) ? La DC2 est le coupé (24 860 unités), la DB8 une 4 portes japonaise (5 135), et la DC5 (2001-2006) passe à 2,0 L et 217 ch.

Passionné d’automobile depuis l’enfance, Antoine a grandi entre les circuits de ses petites voitures et les pages des magazines spécialisés. Après des études en design industriel et plusieurs années passées dans le milieu de la mécanique, il décide de créer Vintage Heroes pour partager son amour des belles mécaniques d’hier comme d’aujourd’hui.
Curieux, minutieux et toujours à l’affût d’un modèle rare ou d’une belle histoire de restauration, Antoine mêle expertise, anecdotes et coups de cœur dans chacun de ses articles. Ici, il donne vie aux voitures qui ont marqué leur époque et à celles qui marqueront la nôtre.




