Vettel l’affirme : tant que les prix restent élevés, l’essor de la voiture électrique sera freiné

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Il fut un temps où Sebastian Vettel, quadruple champion du monde de Formule 1, ne mâchait pas ses mots : l’électrique ? Très peu pour lui. Mais aujourd’hui, au salon IAA de Munich, l’Allemand lève le pied sur le frein de la critique et pose un regard neuf sur l’avenir automobile. Un virage à 180°, concluant qu’électrique rime surtout avec futur… à condition de ne pas ruiner son portefeuille au passage.

La métamorphose de Vettel : de sceptique à fervent défenseur

Vettel n’a jamais eu la langue dans sa poche, surtout pas en 2018, lorsqu’il déclarait au magazine Auto Motor und Sport : « Je ne pense pas que les voitures électriques résolvent tous les problèmes. C’est la mauvaise technologie. ». Son constat de l’époque : trop chères, pas aussi propres qu’on le prétend, et des soucis non négligeables côté recyclage des batteries. Bref, c’était loin d’être le grand amour.

Mais le temps a passé et les mentalités, même celles d’un champion du monde, peuvent changer ! Sept ans plus tard, Vettel, interviewé par la chaîne allemande n-tv, a opéré une révolution personnelle : « Le changement est désormais inarrêtable. Ce qui freine les gens, c’est le prix. Quand il baissera, le choix deviendra évident. La voiture électrique n’est plus une alternative, c’est l’avenir. »

Une technologie en progrès mais toujours freinée par son coût

Vettel s’est même mis à faire l’éloge des progrès : plus silencieuses, plus confortables, plus détendues pour le trajet lambda – bref, le stress du klaxon en ville, c’est terminé. Pour lui, l’électrique représente désormais un passage obligé pour décarboner nos déplacements. Mais le champion tempère tout emballement : il reconnaît que, malgré les technologies de pointe, on est encore au stade du demi-tour sur l’autoroute. Pourquoi ? Les deux véritables bosses sur la route :

  • La question du prix : tant que ça coûte un bras (voire les deux), nombre de conducteurs resteront sur la touche.
  • L’infrastructure : bornes de recharge et autres points stratégiques sont encore en mode « bébé pas pressé d’arriver ».

Pour Vettel, tout cela ne se règlera pas du jour au lendemain. De quoi nous rappeler que la transition propre garde un parfum… d’attente.

Politiques, Formule 1 et carburants de synthèse : Vettel lève le voile

La star allemande, passée maître dans l’art de la collaboration avec les ingénieurs, n’élude pas la dimension politique du débat : « Tout se joue sur l’efficacité. La voiture électrique est bien plus efficiente. Le moteur thermique ne peut tout simplement pas suivre. »

Mais attention, il ne plonge pas à 100 % dans la marmite électrique. Sur les carburants de synthèse, il garde la tête froide : « Ils sont très chers et peu efficaces à produire. On a déjà besoin de quantités énormes d’énergie, alors pourquoi utiliser tout cela pour faire de l’essence artificielle ? » Clair, net et sans détour.

Pour autant, Vettel distingue bien « rue » et « circuits ». Pour la voie publique, l’électrique s’impose petit à petit. Mais pour la compétition ? Il n’imagine pas encore la Formule 1 100 % batterie : puissance, poids, durée : la technologie actuelle ne suit pas. Dans les paddocks, les carburants de synthèse ont donc encore une carte à jouer : « Les exigences en Formule 1 sont trop élevées pour les batteries. Pour le moment, ces carburants restent plus pertinents. »

Un appel à la circularité et au bon sens

Le Vettel version 2024 n’est plus celui du refus, mais du « oui, mais ». Oui à l’électrique, mais à quelques conditions : la rendre accessible, mettre l’industrie au défi de conjuguer écologie et compétitivité, et miser sur l’économie circulaire, avec la réutilisation des matériaux. À tous ceux qui attendent le déclic, le message du champion est limpide :

  • L’électrique gagne du terrain chaque jour.
  • Mais tant que le prix restera hors de portée, la majorité attendra au stand.

Morale de l’histoire : pour que la roue de l’électrique tourne vraiment, il faut arriver à l’équation idéale entre progrès, accessibilité et bon sens. À vos calculateurs (et votre banquier) !

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