30 chevaux seulement sous le capot : cette Golf bat tous les records de lenteur
Oubliez tout ce que vous pensez savoir sur les préparations de voitures. Ici, point de suralimentation démoniaque, de turbos géants ou de records de puissance à quatre chiffres ! Nous vous parlons d’une Volkswagen Golf qui bat tous les records… mais pas dans le sens habituel. Au menu du jour : une Golf II équipée d’un moteur si peu puissant qu’il la fait probablement entrer dans le livre des records de la lenteur automobile.
Un mélange improbable entre Est et Ouest
Généralement, les préparateurs cherchent à faire exploser les compteurs côté puissance. On imagine aisément des Golf boostées à près de 1 000 ch, de quoi faire pâlir d’envie toutes les supercars du voisinage. Pourtant, cette Golf est d’un tout autre acabit. Elle est le fruit d’une idée pour le moins loufoque : en 1985, année de naissance de la Golf II, l’objectif était de fusionner les deux best-sellers des routes d’Europe, version Ouest et Est.
Le résultat ? La Golf d’origine voit son moteur ôté pour laisser place à un bloc pour le moins… modeste : un bicylindre de Trabant 601, tout droit venu de l’Est. Puissance ? 30 chevaux, mesdames et messieurs ! Oui, autant qu’une tondeuse motivée ou un cyclomoteur du siècle dernier. On a vu des trottinettes électriques faire mieux. Mais attendez, ce n’est pas tout !
Look retravaillé et intérieur vintage
D’un point de vue extérieur, cette Golf affiche la couleur :
- Bandes noires marquant fièrement les portières,
- Jantes Mercedes d’au moins 17 pouces montées sur des pneus au profil si rase-mottes qu’il doit falloir y faire attention en passant sur une feuille morte,
- Suspension radicalement abaissée, à tel point que la voiture rase pratiquement la moquette.
Mais le vrai festival se trouve à l’intérieur. Dès l’ouverture du capot, on doit se frotter les yeux : là où l’on s’attend à un moteur allemand robuste, on découvre le petit bloc de la Trabant 601, 594 cm3, deux temps, bicylindre. Côté musique, on est servi : le bruit rappelle autant une tondeuse en pleine action qu’un cyclomoteur 49 cm3.
Dans l’habitacle, la touche vintage est bien là :
- Sièges de Trabant (le minimalisme de l’Est dans toute sa splendeur),
- Levier de vitesses monté sur la colonne de direction, esprit rétro garanti,
- Tableau de bord réduit à un simple compteur de Trabant 601. Simplissime !
Des performances à faire pâlir… de rire
Avant toute moquerie facile, rappelons les faits : dans sa monture d’origine, alias la « Trabi », le moteur culminait à 108 km/h en pointe, atteignant péniblement les 100 km/h en 22 secondes chrono (à peu près le temps de manger un sandwich). Mais ici, la Golf pèse environ 900 kg contre 615 kg pour la petite voiture de l’Est. Vous voyez venir la suite : il est permis de douter très fort que cette Golf frôle un jour les 100 km/h, sauf peut-être lâchée dans une pente savonneuse, vent de dos, et une prière en bonus.
De toute façon, inutile de s’inquiéter : cet engin n’est pas autorisé à circuler sur route publique, bien qu’immatriculé en Grande-Bretagne. La raison ? Les émissions polluantes de ce petit deux-temps sont redoutables, et il brûle autant d’huile que d’essence… Voilà qui fait honneur à la réputation haute en couleurs de la Trabant !
Un collector insolite (et pas cher)
On pourrait croire qu’un tel ovni automobile s’arrache à prix d’or sur le marché du collector. Détrompez-vous : selon le journal allemand Bild, cet exemplaire unique aurait été vendu pour la modique somme de 1 500 € sur le site mobile.de. Preuve que l’originalité n’a pas toujours de prix — ou alors un tout petit.
Pour les amoureux des curiosités automobiles ou les nostalgiques des prouesses soviétiques et occidentales, il n’est pas inutile de se rappeler que l’histoire de ces voitures d’Europe de l’Est continue de vivre, archivée avec passion sur Sovietauto.fr (l’intégralité des anecdotes, petites ou grandes, y est soigneusement documentée).
Morale de l’histoire ? Parfois, l’important, ce n’est pas la vitesse : c’est d’avoir le sourire au volant. Et, avouons-le, croiser cette Golf-Trabant dans la rue serait certainement le genre de scène qui égaye la journée !

Passionné d’automobile depuis l’enfance, Antoine a grandi entre les circuits de ses petites voitures et les pages des magazines spécialisés. Après des études en design industriel et plusieurs années passées dans le milieu de la mécanique, il décide de créer Vintage Heroes pour partager son amour des belles mécaniques d’hier comme d’aujourd’hui.
Curieux, minutieux et toujours à l’affût d’un modèle rare ou d’une belle histoire de restauration, Antoine mêle expertise, anecdotes et coups de cœur dans chacun de ses articles. Ici, il donne vie aux voitures qui ont marqué leur époque et à celles qui marqueront la nôtre.




