Dans l’univers des petites bombes routières qui ont enflammé les années 1980, la fiat uno turbo ie occupe une place à part. Cette roadster compacte italienne survoltée incarnait le rêve accessible pour tous les passionnés de conduite nerveuse. Avec son petit moteur turbocompressé et son tarif agressif, elle permettait de s’offrir des sensations sportives sans vider son compte en banque. Sa rivalité avec les françaises du moment en faisait une alternative séduisante pour qui cherchait l’originalité.
En bref
- Moteur 1.4L turbo de 115 à 118 ch selon les versions, avec 0 à 100 km/h en 8,1 secondes et pointe à 207 km/h
- Prix de lancement très attractif à 69 900 francs, nettement inférieur à la concurrence française et allemande
- Deux séries produites entre 1985 et 1993, totalisant environ 60 000 exemplaires avec évolutions mécaniques significatives
- Points faibles connus : boîte de vitesses fragile, finition intérieure perfectible et châssis parfois dépassé par la puissance
- Versions spéciales recherchées comme la Formula (1987) et la Racing (1991), valorisées jusqu’à 25% de plus sur le marché
Présentation de la Fiat Uno Turbo ie
La Fiat Uno Turbo ie s’impose comme l’une des petites sportives les plus marquantes des années 80. Cette version survitaminée de l’Uno, élue voiture de l’année en 1984, débarque sur le marché en 1985 pour bousculer les références du segment.
Proposée au tarif attractif de 69 900 francs lors de son lancement, elle vise directement la Peugeot 205 GTI 1.6, la Renault 5 GT Turbo et la Volkswagen Golf GTI. L’italienne joue la carte du prix agressif face à ses concurrentes françaises et allemandes.
Avec plus de 11 millions d’exemplaires de l’Uno fabriqués dans le monde jusqu’en 1994, dont 6,2 millions en Italie, la version Turbo représente la pointe sportive d’un succès commercial incontestable qui sera plus tard relayé par la Fiat Punto 1.
Fiche technique complète de la Fiat Uno Turbo ie
Détails du moteur et performances
Le cœur de la bête repose sur un 4 cylindres en ligne transversal de 1372 cm³ dans sa version la plus aboutie. Le bloc essence à injection électronique reçoit un turbocompresseur Garrett T2 développant 0,8 bar de pression, associé à un intercooler pour refroidir l’air admis.
La distribution à arbre à cames en tête actionne 2 soupapes par cylindre. L’alésage de 80,5 mm et la course de 67 mm permettent d’atteindre 115 ch à 6000 tr/min, avec un couple de 16,4 mkg disponible dès 3500 tr/min.
Le taux de compression reste volontairement bas à 7,8 pour supporter la suralimentation. La cylindrée fiscale affiche 6 CV, ce qui rendait la voiture accessible aux jeunes conducteurs de l’époque.
L’architecture technique intègre plusieurs raffinements : allumage électronique intégral Microplex, radiateur d’huile dédié, ventilateur bi-vitesse et refroidissement par huile de la culasse. Le waste-gate régule la pression du turbo et limite le temps de réponse pour gommer l’effet turbo lag.
Transmission et caractéristiques de conduite
La fiat uno turbo ie transmet sa puissance aux roues avant via une boîte manuelle 5 rapports à commande par câble. Cette transmission directe offre des passages de vitesses précis, même si la robustesse reste le talon d’Achille de l’ensemble.
Le châssis s’appuie sur une direction à crémaillère et des suspensions McPherson à l’avant. L’essieu de torsion à l’arrière assure un comportement prévisible, bien que les trains roulants paraissent parfois justes face à la puissance disponible.
Les freins avant à disques ventilés de 240 mm travaillent avec des disques arrière de 227 mm. L’ABS baptisé Antiskid, signé AP, équipe les modèles à partir de 1988, apportant une sécurité bienvenue sur cette petite fusée de 920 kg.
Les pneus en 175/60 HR13 montés sur des jantes alliage chaussent les quatre coins. Le coefficient aérodynamique Cx de 0,32 permet de limiter la résistance à l’air malgré les appendices sportifs.
Performances et comparaisons
Performances sur route et chiffres clés
Sur le bitume, l’italienne affiche un rapport poids/puissance de 8 kg/ch, gage d’accélérations franches. Le 0 à 100 km/h s’expédie en 8,1 secondes, un chrono honorable pour l’époque qui place la voiture dans le peloton de tête des GTI compactes.
La vitesse maximale culmine à 207 km/h, preuve que le petit moteur turbocompressé délivre généreusement dans les tours. Les relances restent le point fort de ce tempérament italien : les reprises en deuxième et troisième rapports font mouche à chaque sollicitation.
Côté consommation, la réalité rattrape les performances. Comptez 10 litres aux 100 km en usage urbain, 8 litres sur route et 9,2 litres sur autoroute. Le réservoir de 50 litres offre une autonomie autoroutière d’environ 540 kilomètres.
Comparaison avec ses concurrentes des années 80
Face à la 205 GTI et à la Renault 5 GT Turbo, la Fiat joue d’abord la carte du tarif attractif. Son positionnement prix reste systématiquement inférieur à celui de ses rivales directes, ce qui séduit une clientèle jeune cherchant des sensations sans se ruiner.
Le moteur développe des reprises diaboliques qui rivalisent avec la Super 5 GT Turbo, alors référence du segment. Le tempérament italien transpire dans chaque accélération, offrant un agrément moteur que certains placent au-dessus de la concurrence française.
Malheureusement, le châssis ne suit pas toujours la cadence. Les trains roulants paraissent trop étriqués pour encaisser la puissance disponible, surtout en conduite sportive. La 205 GTI conserve une longueur d’avance sur ce point, tout comme la GT Turbo qui bénéficie d’une meilleure motricité.
Aspect extérieur et intérieur
L’habillage extérieur ne laisse aucun doute sur les ambitions sportives du modèle. Les élargisseurs d’ailes en plastique noir encadrent des jantes alliage spécifiques, tandis que les boucliers et les jupes latérales donnent du caractère à la silhouette.
Les phares longue portée et la sortie d’échappement chromée complètent une panoplie visuelle typée années 80. Les décorations latérales affichent fièrement l’inscription Uno Turbo i.e, véritable carte de visite des performances.
La série 2 adopte une calandre redessinée et un nouveau hayon en tôle. Les bandes latérales deviennent des décors rouges plus discrets, et les jantes à quatre branches arborent le logo Abarth pour flatter l’imaginaire sportif.
L’habitacle dévoile une réalité plus contrastée. Les plastiques durs et les assemblages approximatifs trahissent une qualité de finition perfectible. L’espace intérieur reste généreux et lumineux, mais les matériaux ne font pas honneur au tempérament du moteur.
Le volant Momo 3 branches garni de cuir apporte une touche premium sur la série 2, accompagné de sièges avant au meilleur maintien. L’instrumentation dédiée affiche la pression et la température d’huile, rappelant la vocation sportive de l’ensemble.
Évolution de la Fiat Uno Turbo ie au fil des ans
Le restylage de septembre 1989 marque le passage à la série 2, avec des évolutions mécaniques et esthétiques significatives. Le moteur passe à 1372 cm³ et reçoit un turbo Garrett T2 poussant à 0,8 bar, remplaçant l’IHI bridé à 0,7 bar de la première génération.
Cette évolution porte la puissance à 118 ch à 6000 tr/min, tandis que le couple grimpe à 16,8 mkg à 3500 tr/min. L’aérodynamique progresse également avec un Cx passant de 0,33 à 0,30, améliorant la pénétration dans l’air.
La boîte voit son étagement revu, avec des premiers rapports moins courts qui facilitent l’exploitation du moteur. La commande par câble gagne en précision, même si la durabilité reste un point sensible.
La production totale dépasse les 60 000 exemplaires répartis entre 35 000 phase 1 jusqu’en 1989 et environ 25 000 phase 2 jusqu’en 1993. Ces chiffres témoignent d’un succès commercial certain, sans pour autant égaler les volumes stratosphériques de la 205 GTI.
Conseils pour l’achat d’une Fiat Uno Turbo ie d’occasion
Points à vérifier avant l’achat
Nous conseillons de scruter attentivement la carrosserie des exemplaires série 1. Les passages de roues, les baguettes de vitres et l’entourage du pare-brise constituent des zones critiques où la rouille s’installe volontiers.
La vérification mécanique doit se concentrer sur la boîte de vitesses et l’embrayage. Ces organes vieillissent prématurément, surtout sur les autos ayant connu une conduite sportive soutenue. Un craquement au passage des vitesses ou un débattement d’embrayage anormal doivent alerter.
L’historique d’entretien révèle souvent des modifications moteur douteuses. Nous conseillons la prudence face aux exemplaires trafiqués dont la fiabilité devient aléatoire. Un moteur d’origine bien entretenu vaut mieux qu’une préparation hasardeuse.
Les points à inspecter prioritairement :
- État de la ligne d’échappement complète
- Fonctionnement des équipements électriques
- Qualité des plastiques intérieurs et des tissus
- Vernis des jantes alliage réputé fragile
- Traces d’huile sous le moteur
Les modèles rares et limités à rechercher
Les collectionneurs s’arrachent deux séries spéciales qui rehaussent encore le caractère de l’auto. La Uno Turbo i.e Formula sort en 1987 avec une dotation enrichie et une présentation spécifique qui en fait une pièce recherchée.
La version Racing lancée en juillet 1991 représente le summum de la gamme. Cette déclinaison limitée affiche des équipements exclusifs et une finition plus soignée que les modèles de série, justifiant aujourd’hui des cotes supérieures sur le marché de la collection.
Ces versions spéciales se négocient généralement entre 15 et 25 % plus cher qu’une Turbo i.e classique en condition équivalente. Leur rareté et leur statut particulier dans l’histoire du modèle expliquent cet écart de valorisation.
FAQ
Quelle est la puissance de la Fiat Uno Turbo Ie ?
Quelle est la puissance de la Fiat Uno Turbo Ie ? Elle varie selon les versions : 105 ch (1985-1986, 1 301 cm³) et 115 à 118 ch (1990-1993, 1 372 cm³), avec turbo et injection.
Quelle est la puissance fiscale d’une Fiat Uno ?
Quelle est la puissance fiscale d’une Fiat Uno ? Pour la Fiat Uno Turbo ie, la puissance fiscale est de 6 CV, ce qui la rendait plus accessible en assurance et en taxes à l’époque.
Quel est le prix d’une Fiat Uno d’occasion ?
Quel est le prix d’une Fiat Uno d’occasion ? Il dépend de l’état, de l’originalité et de la rareté : une Uno Turbo ie Racing ou Formula se négocie souvent 15 à 25 % plus cher qu’une version classique.
Quelles sont les dimensions principales de la Fiat Uno Turbo i.e ?
Quelles sont les dimensions principales de la Fiat Uno Turbo i.e ? Longueur 3,64 à 3,69 m, largeur 1,56 m, hauteur 1,37 à 1,41 m, avec 3 portes.
Quel est le moteur et les performances de la version 1985-1986 ?
Quel est le moteur et les performances de la version 1985-1986 ? Le moteur est un 1 301 cm³ de 105 ch, couple 147 Nm, turbo avec intercooler ; 0-100 km/h 9,4 s et vitesse max env. 204 km/h.
Quels points vérifier avant l’achat d’une Fiat Uno Turbo ie d’occasion ?
Quels points vérifier avant l’achat d’une Fiat Uno Turbo ie d’occasion ? La rouille (passages de roues, pare-brise), la boîte de vitesses et l’embrayage, les fuites d’huile, l’électrique, et les modifications moteur douteuses.

Passionné d’automobile depuis l’enfance, Antoine a grandi entre les circuits de ses petites voitures et les pages des magazines spécialisés. Après des études en design industriel et plusieurs années passées dans le milieu de la mécanique, il décide de créer Vintage Heroes pour partager son amour des belles mécaniques d’hier comme d’aujourd’hui.
Curieux, minutieux et toujours à l’affût d’un modèle rare ou d’une belle histoire de restauration, Antoine mêle expertise, anecdotes et coups de cœur dans chacun de ses articles. Ici, il donne vie aux voitures qui ont marqué leur époque et à celles qui marqueront la nôtre.




