Dans l’univers des voitures de collection françaises, peu de modèles suscitent autant de passion que la renault fuego. Ce coupé sportif au design audacieux a su conquérir les amateurs d’automobiles grâce à sa silhouette incomparable et ses innovations techniques. Aujourd’hui encore, ce véhicule représente une opportunité accessible pour les collectionneurs en quête d’originalité et de caractère, avec des tarifs attractifs sur le marché de l’occasion.
En bref
- Coupé 4 places produit entre 1980 et 1986 en France, avec plus de 265 000 exemplaires fabriqués
- Large gamme de motorisations de 64 à 132 chevaux, dont une version Turbo essence atteignant 200 km/h
- Première voiture au monde équipée d’une télécommande sans clé dès 1982
- Prix d’occasion accessibles : de 2 000 € pour les versions de base à 8 000 € pour la Turbo essence
- Attention particulière à porter sur la rouille, notamment sous les arches avant et sur les ailes
La Renault Fuego est un coupé 4 places lancé en 1980 pour remplacer les Renault 15 et 17. Cette voiture se distingue par son design moderne avec un hayon vitré en bulle et des performances variant de 158 à 200 km/h selon les versions. Produite entre 1980 et 1986 en France, elle a totalisé 265 367 exemplaires et continue de séduire les amateurs de voitures d’occasion grâce à sa ligne unique et son agrément de conduite.
Historique et développement de la Renault Fuego
Les premières esquisses de la Renault Fuego remontent à 1976, au sein du centre Style Renault. Michel Jardin dessine les lignes principales sous la direction de Robert Opron. L’objectif était clair : créer un coupé moderne capable de remplacer les vieillissantes Renault 15 et 17.
Le projet mise sur la rationalisation des coûts en partageant sa base technique avec la Renault 18. La plate-forme provient même du break Renault 18, tandis que le train avant à déport négatif est emprunté à la Renault 20 diesel. Cette architecture en traction avec moteur longitudinal et essieu arrière rigide permet de maîtriser les dépenses de développement.
La Fuego est présentée officiellement au Salon de Genève en mars 1980. Son aérodynamique affiche un coefficient de traînée de 0,34, une valeur honorable pour l’époque. Le hayon entièrement vitré en forme de bulle et la bande noire latérale à cannelures deviennent rapidement sa signature visuelle.
La production démarre à Maubeuge en octobre 1979 et se poursuit jusqu’en juin 1985. Les derniers stocks s’écoulent en Europe jusqu’en 1987. En Argentine, la fabrication débute en 1982 et perdure jusqu’en 1992, totalisant 19 352 unités locales.
Un restylage intervient au millésime 1984 avec une nouvelle calandre, des pare-chocs modifiés et un tableau de bord « visière » inédit. Cette phase 2 marque aussi l’arrivée de la version Turbo essence. La Fuego restera sans successeur direct jusqu’à la Mégane Coupé en 1995.
Parmi les innovations marquantes, la Fuego devient la première voiture au monde équipée d’une télécommande sans clé avec centralisation. Ce système baptisé PLIP en Europe apparaît dès octobre 1982 pour l’année-modèle 1983.
Caractéristiques techniques de la Renault Fuego
Ce coupé 3 portes affiche des dimensions compactes avec 4 358 mm de longueur, 1 692 mm de largeur et 1 315 mm de hauteur. Son empattement de 2 438 mm offre un bon compromis entre habitabilité et dynamisme. Le volume de coffre atteint 373 dm³, extensible grâce à une banquette rabattable en deux parties.
La masse à vide oscille entre 1 010 et 1 165 kg selon les versions. La transmission en traction s’accompagne de boîtes manuelles à 4 ou 5 rapports, avec une option automatique 3 rapports sur certaines déclinaisons. Les suspensions associent des roues indépendantes à l’avant et un essieu rigide à l’arrière.
La direction à crémaillère assure un pilotage précis. Côté freinage, les versions de base reçoivent des disques à l’avant et des tambours à l’arrière. La GTX bénéficie d’une assistance tandis que la Turbo essence monte des freins à disque aux quatre roues pour mieux gérer sa puissance accrue.
Motorisations disponibles de la Renault Fuego
La gamme de moteurs s’étale de 1 397 à 2 165 cm³, développant entre 64 et 132 chevaux. Au lancement, les versions TL et GTL reçoivent un moteur Cléon-Fonte de 1 397 cm³ produisant 64 ch. La boîte 4 vitesses équipe la TL tandis que la GTL peut recevoir une boîte 5 rapports en option.
La GTS inaugure le moteur Cléon-Alu de 1 647 cm³ développant 96 ch, autorisant un 0 à 100 km/h en 12,1 secondes et une vitesse maximale de 182 km/h. Dès le millésime 1981, les TX et GTX adoptent le bloc Douvrin de 1 995 cm³ fort de 110 ch. Ces versions atteignent 190 km/h et abattent le 0 à 100 km/h en 11 secondes.
Le millésime 1983 voit l’arrivée du Turbo Diesel avec son moteur Douvrin de 2 068 cm³ délivrant 88 ch. Ce diesel turbocompressé annonce 175 km/h en pointe, un record pour un diesel à cette époque. La même année, la GTL reçoit un moteur 1,6 L « dégonflé » à 73 ch.
Le sommet de la gamme arrive en 1983 avec la Turbo essence. Son moteur Cléon-Alu turbocompressé de 1 565 cm³ développe 132 ch et 200 N·m de couple. Les performances impressionnent avec un 0 à 100 km/h expédié en 9,9 secondes et une vitesse de pointe de 200 km/h. Cette version reçoit un équipement complet : jantes BBS en nid d’abeille, quatre freins à disque, intérieur tout velours, ordinateur de bord 8 fonctions et télécommande infrarouge.
Sur certains marchés export européens, une version 2,2 L de 116 ch complète l’offre durant la phase 2.
Performance et tenue de route
Le comportement routier de la Renault Fuego hérite largement des qualités de la Renault 18. Les vitesses maximales s’échelonnent de 158 km/h pour la TL jusqu’à 200 km/h pour la Turbo essence. Le 0 à 100 km/h demande entre 9,5 et 16,7 secondes selon la motorisation choisie.
La Turbo Diesel s’est fait connaître en octobre 1982 comme le diesel le plus rapide du monde avec ses 175 km/h en pointe. Un titre marketing qui a fait sensation à l’époque et contribué au succès commercial du modèle.
Les différents modèles et variantes de la Renault Fuego
La gamme française s’articule autour de plusieurs niveaux de finition. Les TL et GTL constituent l’entrée de gamme, suivies par la GTS plus sportive. Les TX et GTX représentent le haut de gamme avant l’arrivée des versions turbocompressées.
La phase 2 de 1984 apporte un restylage visible et l’introduction de la Turbo essence. Cette version sportive se distingue par ses jantes alliage BBS, ses autocollants « TURBO », son ordinateur de bord 8 fonctions et ses rétroviseurs électriques. L’intérieur tout velours et l’ouverture centralisée à télécommande infrarouge soulignent son positionnement haut de gamme.
Pour le marché nord-américain, les Fuego reçoivent des pare-chocs renforcés résistant aux chocs jusqu’à 8 km/h, des optiques spécifiques et des feux de position latéraux. Les modèles catalysés affichent des puissances inférieures aux versions européennes. Entre 1982 et 1983, les américains peuvent choisir un 1,6 L injection de 81 ch ou un Turbo de 107 ch. De 1984 à 1985, l’offre évolue vers un 2,2 L et le Turbo reste au catalogue.
L’Argentine développe sa propre gamme à partir de mars 1982. La GTX 2.0 inaugure la production locale avec un moteur de 103 ch initialement fabriqué en France. Le millésime 1986 apporte l’intérieur phase 2.
En 1987, la GTX 2.2 monte en puissance avec 116 ch, quatre freins à disque, des jantes en alliage et un ordinateur de bord. La GTA de 1989 introduit une nouvelle ligne tout en conservant le 2.2 de 116 ch. La gamme culmine en 1991 avec la GTA MAX : 123 ch, intérieur velours ou cuir en option, climatisation, nouveau volant et troisième feu stop intégré au becquet.
Les Fuego argentines dominent le championnat TC2000 avec huit victoires consécutives de 1986 à 1993, bâtissant une solide réputation sportive locale.
Avis des utilisateurs sur la Renault Fuego
Les propriétaires de Fuego soulignent d’abord sa ligne très spéciale. La bulle arrière en verre constitue un élément de design marquant qui ne laisse personne indifférent. Les vastes surfaces vitrées offrent une excellente visibilité, un atout appréciable au quotidien.
Le comportement routier récolte des compliments appuyés. La tenue de route se montre excellente par tous les temps. Une légère tendance au survirage peut apparaître en conduite brusque, mais elle reste facile à corriger. Les freins se montrent efficaces tandis que la direction conjugue légèreté et précision, même si elle devient plus lourde lors des manœuvres serrées.
Les suspensions trouvent un bon équilibre entre confort et tenue de route. La boîte de vitesses se manie avec souplesse. Les sièges moelleux et le grand recul disponible limitent la fatigue sur les longs trajets. Le coffre modulable grâce à la banquette rabattable en deux parties ajoute un côté pratique apprécié.
Nous conseillons de surveiller attentivement la rouille, principal ennemi de ces voitures âgées. Les zones sensibles incluent :
- Les arches avant sous la caisse, entre la roue et la porte, cachées sous l’isolant
- La traverse supérieure avant
- Les ailes avant et arrière
La disponibilité des pièces détachées reste satisfaisante. L’existence de véhicules donneurs facilite la restauration et l’entretien courant. Le réservoir de 57 litres autorise une bonne autonomie avec des consommations annoncées de 5,9 l/100 km à 90 km/h, 7,6 l/100 km à 120 km/h et 9,7 l/100 km en ville sur les versions essence de base.
Prix des modèles d’occasion de Renault Fuego
Le marché de l’occasion pour la Renault Fuego reste accessible. Les versions Turbo essence produites entre 1983 et 1985 se négocient autour de 8 000 € pour des exemplaires en état correct, un tarif comparable à celui d’un coupé Fiat d’occasion de la même époque. Ce tarif reflète la rareté relative de cette déclinaison sportive et son équipement complet.
Les versions de base comme la TL ou la GTL affichent des prix nettement inférieurs, souvent compris entre 2 000 et 4 000 € selon l’état général. Les GTX se positionnent dans une fourchette intermédiaire, entre 4 000 et 6 000 €.
Un prototype Fuego Cabriolet Heuliez a été vendu aux enchères pour 10 722 € le 7 juillet 2012. Cette transaction concernait un véhicule unique vendu sans carte grise, ce qui explique ce prix singulier pour une pièce de collection exceptionnelle.
Évaluation des prix selon l’état et le kilométrage
L’état de la carrosserie influence fortement la valeur d’une Fuego d’occasion. La présence de rouille constitue le premier critère de dévalorisation. Les arches avant sous la caisse représentent une zone critique, souvent dissimulée sous l’isolant. Un acheteur avisé inspectera minutieusement la traverse supérieure avant ainsi que les ailes.
La bonne disponibilité des pièces détachées rassure les acheteurs potentiels. Le coût de remise en état reste maîtrisable pour qui accepte de mettre la main à la pâte. Un exemplaire nécessitant une restauration complète verra sa cote chuter de 30 à 50 % par rapport à un modèle sain.
Le kilométrage joue un rôle secondaire face à l’état mécanique réel. Une Fuego bien entretenue avec 150 000 km vaut mieux qu’un exemplaire négligé affichant 80 000 km. La version choisie influe aussi sur le prix : la Turbo essence avec ses quatre freins à disque, ses jantes BBS et son ordinateur de bord commande une prime substantielle.
Les variantes argentines GTA et GTA MAX séduisent les collectionneurs par leur rareté et leurs équipements spécifiques. Leur importation en France reste rare, ce qui maintient des cotes élevées lorsqu’elles apparaissent sur le marché européen.
La Renault Fuego dans la culture populaire et son impact aujourd’hui
La Fuego a marqué le grand écran dans plusieurs films emblématiques. On la retrouve dans trois opus de James Bond : Dangereusement vôtre, GoldenEye et Demain ne meurt jamais. Le cinéma français ne l’a pas oubliée non plus avec des apparitions dans La Boum, La Balance, Le Gendarme et les Gendarmettes ou encore Mais qui a tué Pamela Rose où elle est qualifiée de « voiture de collection de prestige ».
Les séries télévisées ont également adopté ce coupé français. K 2000, Magnum, Caméra Café et Chérif l’ont intégrée dans leurs épisodes. Dans Caméra Café, une Fuego rouge et blanche façon Starsky et Hutch devient même un élément récurrent du scénario. Le film Un jour sans fin de 1993 montre la voiture à plusieurs reprises, tout comme Le Petit Spirou en 2016 où elle sert de véhicule au professeur de sport.
La Fuego a connu son heure de gloire commerciale en devenant le coupé le plus vendu en Europe en 1981. Son positionnement prix face à la Porsche 924, plus chère de 40 %, lui valait le surnom de « Porsche au rabais ». En Allemagne, elle gagnait ses lettres de noblesse dans la catégorie voiture de sport grâce à des modèles export mieux équipés et motorisés.
En 2021, Renault a rendu hommage à la Fuego dans une campagne publicitaire nostalgique jouant sur le thème « la plus belle pour aller danser ». Ce clin d’œil témoigne de l’attachement persistant du public envers ce modèle qui a su marquer son époque par son audace stylistique et ses innovations techniques.
FAQ
Quel est le prix d’une Renault Fuego ?
Quel est le prix d’une Renault Fuego ? En occasion, comptez souvent 2 000 à 4 000 € pour une TL/GTL, 4 000 à 6 000 € pour une GTX, et environ 8 000 € pour une Turbo en état correct, selon l’état et la rouille.
Quelle est la vitesse maximale d’une Renault Fuego ?
Quelle est la vitesse maximale d’une Renault Fuego ? Selon la version, elle va d’environ 158 km/h (TL) à 200 km/h (Turbo essence). La Turbo Diesel annonce 175 km/h, un chiffre marquant pour l’époque.
Qui a dessiné la Renault Fuego ?
Qui a dessiné la Renault Fuego ? Michel Jardin a dessiné les lignes principales au centre Style Renault, sous la direction de Robert Opron, avec des esquisses remontant à 1976 avant la présentation en 1980.
Quelles motorisations proposait la Renault Fuego ?
Quelles motorisations proposait la Renault Fuego ? Essence de 1,4 L à 2,2 L (64 à 110 ch), une Turbo essence 1,6 L de 132 ch, et un Turbo Diesel (environ 2,1 L) de 88 ch, avec boîtes manuelles 4/5 rapports.
Quelles sont les performances de la Renault Fuego Turbo ?
Quelles sont les performances de la Renault Fuego Turbo ? La Turbo essence (1,6 L, 132 ch) vise 200 km/h et environ 9,9 s au 0-100 km/h, avec 200 N·m et des freins à disque aux quatre roues selon les versions.
Quels points faut-il vérifier avant d’acheter une Renault Fuego d’occasion ?
Quels points faut-il vérifier avant d’acheter une Renault Fuego d’occasion ? La rouille est prioritaire : arches avant sous la caisse, traverse supérieure avant, ailes. L’état réel compte plus que le kilométrage, et les pièces restent plutôt disponibles.

Passionné d’automobile depuis l’enfance, Antoine a grandi entre les circuits de ses petites voitures et les pages des magazines spécialisés. Après des études en design industriel et plusieurs années passées dans le milieu de la mécanique, il décide de créer Vintage Heroes pour partager son amour des belles mécaniques d’hier comme d’aujourd’hui.
Curieux, minutieux et toujours à l’affût d’un modèle rare ou d’une belle histoire de restauration, Antoine mêle expertise, anecdotes et coups de cœur dans chacun de ses articles. Ici, il donne vie aux voitures qui ont marqué leur époque et à celles qui marqueront la nôtre.



