La planète vélo électrique est en ébullition ! Tandis que rouler cheveux au vent sur son VAE (vélo à assistance électrique) était devenu un spectacle courant dans nos villes, une nouvelle proposition de réglementation vient de jeter un sacré pavé dans la mare… et surtout dans les moteurs. Faut-il vraiment couper la chique aux puissants moteurs des vélos électriques, au risque de freiner l’innovation – et la cadence des livreurs de pizzas ? Le débat fait rage et c’est Bosch qui cristallise toutes les rancœurs.
Une proposition explosive signée ZIV : bientôt des moteurs bridés ?
La ZIV, c’est l’association très sérieuse de l’industrie allemande des deux-roues (Zweirad-Industrie-Verband). Voilà qu’elle débarque avec une suggestion technique qui sent le brûlé avant même d’atteindre la table des négociations : limiter l’assistance des moteurs électriques à un ratio de 1:4. Traduction pour les non-ingénieurs : à chaque watt sué (et pas sucré) par le mollet du cycliste, le moteur n’aurait pas le droit d’en offrir plus de quatre en retour. Résultat, un cycliste qui pédale à 100 W recevrait au mieux 400 W de la part du moteur.
En prime, la puissance d’assistance serait plafonnée à 750 W, tandis qu’actuellement la limite nominale est fixée à 250 W. Le but officiel ? Conserver « l’esprit vélo » et empêcher que les VAE ne se transforment en motos déguisées. Mais la pilule a du mal à passer du côté de certains professionnels…
Bosch dans la tempête : innovation freinée ou protection du marché ?
Pas besoin d’être Sherlock Holmes pour repérer le cœur du cyclone : Bosch, le mastodonte des moteurs VAE en Europe, se retrouve pointé du doigt. Plusieurs voix dans le secteur accusent l’entreprise d’exercer une influence excessive sur la ZIV… histoire de sauvegarder sa position dominante. Car Bosch, précise-t-on, ne fabrique pas de moteurs dépassant 750 W de pointe – et certains y voient un choix dicté moins par l’amour de la bicyclette que par celui de ses parts de marché.
Annick Roetynck, directrice de la LEVA-EU (Light Electric Vehicle Association), ne mâche pas ses mots : pour elle, c’est du « protectionnisme pur ». Elle regrette que de telles limites puissent freiner l’émergence de vélos plus puissants, précieux pour la logistique urbaine ou le transport de personnes. D’autant plus que les usagers ayant un réel besoin de puissance – comme ceux en situation de handicap ou les utilisateurs de vélos cargos – risquent tout bonnement de se retrouver sur le carreau.
- Bosch ne produit pas de moteurs de plus de 750 W de pointe, une coïncidence ?
- Des experts suspectent l’entreprise de vouloir limiter l’innovation au profit de sa situation économique.
- Les modèles destinés au transport urbain ou aux personnes avec besoins spécifiques seraient les premiers pénalisés.
Accusations, justifications et polémiques : les coulisses du bras de fer
Dans le ring de l’innovation, Hannes Neupert, vétéran du secteur, ne prend pas de gants : pour lui, Bosch veut défendre sa forteresse commerciale et freiner la concurrence. Selon Neupert, l’argument de la lutte contre une « concurrence dangereuse » ne serait qu’un paravent pour empêcher l’arrivée de nouveaux moteurs plus puissants. Bref, une bataille de géants, où l’intérêt général risque de finir sous les pédaliers.
Face à la bronca, la ZIV tente de désamorcer : leur position serait, selon eux, le fruit d’un long dialogue associatif entre 140 membres, et non le simple chant du cygne de Bosch. De son côté, Bosch revendique une contribution active aux groupes de travail, mais invite les curieux à solliciter la ZIV pour les détails croustillants.
Quel avenir pour les vélos électriques et leurs usagers ?
Le débat, déjà bien musclé d’un point de vue technique, pourrait bientôt virer politique : l’Union européenne envisage de revoir toute la réglementation sur les véhicules électriques légers. Derrière les passes d’armes industrielles, c’est surtout l’avenir des VAE performants et accessibles qui se joue.
Des craintes émergent quant à une possible perte de performances des vélos électriques, au détriment notamment :
- Des transporteurs urbains s’appuyant sur des vélos cargos puissants ;
- Des personnes en situation de handicap pour qui l’assistance accrue n’est pas un gadget, mais une nécessité ;
- Des usagers professionnels ou réguliers, exigeant fiabilité et puissance pour leurs trajets quotidiens.
Ce bras de fer n’illustre pas seulement la complexité technologique du secteur. Il montre aussi combien les enjeux politiques et économiques montent en puissance – sans mauvais jeu de mot – dans l’univers du vélo à assistance électrique, alors que celui-ci connaît une expansion fulgurante.
À suivre de près : ce n’est pas seulement notre manière de pédaler qui se joue, mais aussi notre liberté d’aller plus loin… ou plus fort !

Passionné d’automobile depuis l’enfance, Antoine a grandi entre les circuits de ses petites voitures et les pages des magazines spécialisés. Après des études en design industriel et plusieurs années passées dans le milieu de la mécanique, il décide de créer Vintage Heroes pour partager son amour des belles mécaniques d’hier comme d’aujourd’hui.
Curieux, minutieux et toujours à l’affût d’un modèle rare ou d’une belle histoire de restauration, Antoine mêle expertise, anecdotes et coups de cœur dans chacun de ses articles. Ici, il donne vie aux voitures qui ont marqué leur époque et à celles qui marqueront la nôtre.




