Dauphine Renault : Quelle histoire pour cette icône de 1958 ?

Date :
Voiture ancienne blanche garée sur rue pavée parisienne, immeubles haussmanniens en arrière-plan, ciel nuageux.

Dans les années d’après-guerre, les Français rêvaient d’une voiture accessible et familiale pour partir en vacances ou se rendre au travail. C’est dans ce contexte que la dauphine renault est devenue l’une des automobiles les plus populaires de son époque. Avec son allure élégante dessinée par des stylistes italiens et sa mécanique simple, ce modèle a conquis des millions d’acheteurs en France et dans le monde entier. Des routes de Paris aux autoroutes américaines, cette petite berline a marqué toute une génération.

En bref

  • Produite de 1956 à 1967, la Dauphine a été la voiture la plus vendue en France pendant cinq années consécutives avec plus de 2 millions d’exemplaires fabriqués
  • Équipée d’un moteur 4 cylindres de 845 cm³ développant 55 ch, elle atteignait 115 km/h avec une consommation de 6,5 L/100 km
  • Plusieurs versions ont enrichi la gamme : la Gordini sportive, l’Ondine luxueuse et la 1093 homologuée pour la compétition
  • La Dauphine a été assemblée dans plusieurs pays dont l’Espagne, l’Italie, l’Argentine et le Brésil, totalisant près de 360 000 unités hors de France
  • Aujourd’hui considérée comme une voiture de collection, elle se négocie entre 11 950 € et 26 000 € selon l’état et la version

Historique et contexte de la Renault Dauphine

La Dauphine Renault représente une page majeure de l’histoire automobile française. Lancée en mars 1956, cette berline 4 portes avait pour mission de remplacer progressivement la célèbre 4CV. Conçue dans les années 1950, elle reprenait l’architecture à moteur arrière en porte-à-faux qui avait fait le succès de sa devancière.

Son design a bénéficié de la collaboration du studio italien Ghia. La voiture se distinguait notamment par deux entrées d’air de refroidissement placées juste derrière les portes arrière, en avant des ailes. Un détail pratique : la roue de secours était logée à l’avant, derrière un portillon sous le coffre.

L’année 1958 a marqué une évolution visible du modèle. Renault a supprimé la baguette centrale du capot avant, donnant au véhicule une apparence plus épurée. La production s’est poursuivie jusqu’en 1967, offrant plus d’une décennie de carrière commerciale à ce modèle emblématique.

Les caractéristiques techniques de la Dauphine

La dauphine renault reposait sur une carrosserie monocoque autoporteuse moderne pour l’époque. Avec ses quatre portes, son moteur arrière et sa transmission propulsion, elle offrait un équilibre intéressant entre accessibilité et habitabilité.

Ses dimensions étaient raisonnables : 3 945 mm de longueur, 1 520 mm de largeur et 1 400 mm de hauteur. La masse à vide atteignait seulement 630 kg, ce qui contribuait à des performances honnêtes malgré une puissance modeste. Le freinage était assuré par des tambours à commande hydraulique sur les quatre roues, sans assistance.

La voiture proposait plusieurs boîtes de vitesses : 3 et 4 rapports manuelles, mais aussi des versions semi-automatique et automatique. Le système électrique fonctionnait initialement sur 6 V, avec un chauffage à air pulsé. À partir de 1960, Renault a introduit la suspension « Aérostable » à l’arrière, utilisant deux coussins d’air supplémentaires en butée sur les tubes d’arbres de roues.

Moteur et performances de la Dauphine Renault

Le cœur mécanique était le moteur Billancourt à 4 cylindres en ligne de 845 cm³. Ce bloc en fonte accueillait une culasse en aluminium, une combinaison efficace pour l’époque. La puissance maximale atteignait 55 ch pour un couple de 95 N·m.

Les performances restaient dans la moyenne de la catégorie. La vitesse de pointe variait selon les sources entre 111 et 115 km/h. L’accélération de 0 à 100 km/h demandait entre 13,6 et 17,1 secondes selon les versions. La consommation mixte s’établissait à environ 6,5 L/100 km, ce qui était plutôt raisonnable.

Les différentes versions de la Renault Dauphine

Renault a décliné son modèle phare en plusieurs versions pour toucher différents publics. Outre la Dauphine standard, l’offre comprenait la Gordini sportive, l’Ondine plus luxueuse, et même des dérivés comme la Floride puis la Caravelle en coupé et cabriolet. Une version course homologuée route, la Dauphine 1093, est également apparue au catalogue.

La Dauphine Gordini : l’option sportive

Lancée en 1957 sous la référence R1091, la Dauphine Gordini visait les amateurs de conduite dynamique. Sa puissance passait à 33 puis 36 ch DIN grâce à des modifications substantielles : nouvelle culasse, augmentation du taux de compression, carburateur de 32 mm, ressorts de soupapes plus durs et conduits d’admission et d’échappement agrandis.

La vitesse de pointe grimpait à 126 km/h. La transmission bénéficiait d’une boîte 4 rapports, tandis que la caisse était légèrement rabaissée. Les pneus passaient en dimension 145×380 au lieu des 135×380 standards. Cette version a été proposée de l’été 1957 à décembre 1960, puis à nouveau de septembre 1962 à septembre 1963.

À partir du millésime 1960, le moteur de la Floride a remplacé le moteur à culasse spécifique d’origine. Cette évolution a simplifié la production tout en maintenant les performances.

L’Ondine : la version plus cossue

Pour les années-modèles 1961 et 1962, Renault a proposé l’Ondine (type R1090A), une version améliorée de la Dauphine. Les différences portaient sur la finition : moquette au sol, planche de bord noir mat et volant type Floride créaient une ambiance plus soignée.

L’Ondine recevait également une boîte 4 rapports et des sièges avant à dossier inclinable, augmentant le confort de route. Une variante Ondine Gordini (1091A) combinait cette finition rehaussée avec les caractéristiques techniques de la Dauphine Gordini. Cette dernière a pris le relais en décembre 1960 avant de disparaître à l’entame de l’année-modèle 1963.

Les succès commerciaux de la Dauphine en France et à l’international

La Dauphine a rencontré un succès phénoménal sur son marché domestique. Elle a été la voiture la plus vendue en France de 1957 à 1961, une performance remarquable qui témoigne de son adéquation aux besoins des Français de l’époque. Au total, 2 150 738 exemplaires ont été produits toutes versions confondues.

La production ne s’est pas limitée à l’Hexagone. La France a fabriqué le modèle de 1956 à 1967, mais d’autres pays ont aussi assemblé la Dauphine sous licence ou en partenariat :

  • Espagne (FASA) : 125 912 exemplaires entre 1958 et 1967, incluant Dauphine, Ondine et Gordini
  • Italie (Alfa Romeo) : 71 841 unités produites de 1959 à 1964
  • Argentine (IKA) : 88 335 voitures de 1960 à 1970
  • Brésil (Willys-Overland do Brasil) : 74 627 exemplaires entre 1959 et 1968

Le marché américain a constitué un défi particulier. Après un démarrage modeste avec 1 700 véhicules la première année, les ventes ont culminé à 91 073 exemplaires en 1959. Les voitures exportées aux États-Unis recevaient des adaptations spécifiques : phares « sealed beam » de 180 mm, passage au 12 V fin 1958, et équipement chauffage « grand froid » fin 1959.

Le succès américain s’est révélé éphémère. Les problèmes de qualité de fabrication, un service après-vente défaillant et la disponibilité limitée des pièces ont terni l’image de la voiture. En 1961, certaines Dauphine ont même été rapatriées en Europe pour reconditionnement avant revente.

La Renault Dauphine dans la culture populaire

La Dauphine a rapidement dépassé son statut de simple moyen de transport pour s’inscrire dans l’imaginaire collectif. Au cinéma, elle apparaît notamment dans « Bande à part » de Jean-Luc Godard en 1964, témoignant de sa présence quotidienne dans le paysage urbain français de cette décennie.

La littérature et la bande dessinée lui ont également fait une place. Les lecteurs du « Petit Nicolas » la croisent dans les aventures du célèbre écolier. Le détective Gil Jourdan conduit une Dauphine dans ses enquêtes dessinées. Même Stephen King l’a mentionnée dans sa nouvelle « Plus noir que noir » (également connue sous le titre « L’homme aux réponses »), preuve de son rayonnement au-delà des frontières françaises.

L’impact et l’héritage de la Dauphine dans l’histoire de l’automobile

La Dauphine figure parmi les pionnières de la voiture familiale abordable européenne moderne, aux côtés de la Citroën 2CV, de la Volkswagen Coccinelle, de la Morris Minor, de la Mini et de la Fiat 600. Cette reconnaissance souligne son rôle dans la démocratisation de l’automobile d’après-guerre.

Son succès en compétition dans les années 1950 à 1970 a renforcé sa notoriété. La version Dauphine 1093, homologuée route pour la course, illustre cette vocation sportive. Produite à 2 140 exemplaires entre novembre 1961 et avril 1963, elle développait 49 CV DIN au lieu de 36 et atteignait 140 km/h. Elle se distinguait aussi par un équipement électrique en 12 V.

Les dernières évolutions du modèle ont continué à enrichir la gamme. L’année-modèle 1964 a vu l’apparition de la Dauphine Export (R1094) avec freinage à quatre disques, une avancée technique notable. La R1095 combinait finition Export et moteur Gordini selon les marchés. La Dauphine Gordini type R1095 est réapparue en France à partir de l’année-modèle 1966, avant suppression en décembre 1967.

Sur le marché de l’occasion aujourd’hui, les exemplaires de 1958 se négocient entre 11 950 € et 26 000 € selon leur état et leur historique. Nous conseillons de vérifier l’absence de baguette centrale sur le capot avant pour confirmer le millésime 1958. La configuration électrique d’origine en 6 V mérite également attention, surtout si des pièces ont été remplacées comme le démarreur ou la batterie. Pour les versions sportives, la présence d’une boîte 4 rapports et des factures justifiant les modifications mécaniques constituent des points de contrôle essentiels.

FAQ

Quel est le prix d’une Renault Dauphine ?

Quel est le prix d’une Renault Dauphine ? Sur le marché de l’occasion, une Dauphine varie surtout selon l’état, l’historique et la version. À titre indicatif, des exemplaires de 1958 se voient entre 11 950 € et 26 000 €.

Quelle est la différence entre une Ondine et une Dauphine ?

Quelle est la différence entre une Ondine et une Dauphine ? L’Ondine (1961-1962) est une Dauphine plus cossue : moquette, planche de bord noir mat, volant type Floride, sièges inclinables et boîte 4 rapports de série.

Quel est le prix d’une Renault Dauphine de 1956 ?

Quel est le prix d’une Renault Dauphine de 1956 ? Il dépend fortement de l’état, de la conformité et des travaux (moteur, freins, électricité 6 V). Une expertise et des factures pèsent souvent plus que le seul millésime.

Quelles évolutions permettent d’identifier une Renault Dauphine de 1958 ?

Quelles évolutions permettent d’identifier une Renault Dauphine de 1958 ? En 1958, Renault supprime la baguette centrale du capot avant : c’est un repère visuel simple à vérifier, en plus de l’historique et des détails de finition.

Quels points contrôler avant d’acheter une Renault Dauphine d’occasion ?

Quels points contrôler avant d’acheter une Renault Dauphine d’occasion ? Contrôlez l’équipement électrique (6 V ou conversion), le freinage à tambours, la boîte (3 ou 4 rapports) et les factures. Pour une sportive, vérifiez les modifications.

Pourquoi la Renault Dauphine a-t-elle rencontré un tel succès en France et à l’international ?

Pourquoi la Renault Dauphine a-t-elle rencontré un tel succès en France et à l’international ? Grâce à son format économique, ses 4 portes et une production large (France et sous licence). Elle fut la voiture la plus vendue en France de 1957 à 1961.

Laisser un commentaire