La tension est à son comble chez Tesla Allemagne : alors que l’usine de Grünheide frôle la crispation générale, la direction menace désormais de réclamer jusqu’à trois ans de salaire aux employés jugés « indûment » malades. Portrait d’une usine où chaque pause, même sucrée, devient champ de bataille.
Un climat électrique après la pause estivale
À l’usine Tesla de Grünheide, la rentrée ne s’est pas faite tout en douceur. Selon Handelsblatt, la tension est remontée d’un cran : à peine la pause estivale achevée, André Thierig, le directeur de l’usine, a frappé fort. Dans un long mail adressé à tous, il critique sans détour les membres du syndicat, n’épargnant pas ses mots. « Malheureusement, j’ai dû constater la semaine dernière qu’il existe encore un groupe de salariés qui n’éprouve apparemment aucun plaisir face à notre succès », écrit-il. Il pousse même la rhétorique plus loin : « Ceux qui s’opposent toujours à tout n’ont pas leur place chez nous. » Ambiance, ambiance…
Muesli à volonté et lignes de faille
Cet état d’esprit tendu s’est incarné dans une anecdote aussi anodine que révélatrice. Au retour des congés, 10 000 barres de muesli bleues ont été offertes à l’ensemble des salariés, un cadeau d’accueil orchestré par des membres du conseil d’entreprise qui s’opposent vigoureusement au syndicat IG Metall. Mais voilà, la « faction rouge » syndicale a catégoriquement refusé de distribuer la collation sucrée, soulignant au passage que la direction avait profité de la trêve estivale pour accentuer la pression au travail. Les couleurs sont annoncées : bleus contre rouges, muesli contre grognements.
- 10 000 barres de muesli bleues distribuées par le camp pro-management
- Les membres IG Metall s’opposent, dénonçant une charge de travail accrue pendant l’été
Absentéisme sur la sellette et méthodes musclées
Mais l’histoire dépasse la simple affaire de barres céréalières. Depuis déjà un certain temps, l’usine doit faire face à un niveau d’absentéisme jugé exceptionnellement élevé. Comment la direction a-t-elle réagi ? L’année dernière, elle a carrément misé sur l’effet de surprise : des visites à domicile inopinées chez les salariés déclarés malades. Une stratégie qui n’a, sans surprise, pas fait l’unanimité et a attisé beaucoup de résistances.
Or, aujourd’hui, Tesla va encore plus loin. Les salariés qui s’absentent pour problème de santé, mais dont l’entreprise estime l’arrêt injustifié, risquent dorénavant non seulement la suspension de leur salaire, mais aussi le remboursement des salaires déjà perçus, potentiellement jusqu’à trois ans en arrière. Oui, trois ans de salaire à rembourser : certains remèdes sont plus amers qu’une barre de muesli oubliée sous le siège de la voiture…
- Visites à domicile en 2022 chez les salariés malades, fortement contestées
- Nouvelle mesure : possible remboursement de trois ans de salaire pour arrêt maladie jugé injustifié
La guerre des camps : bleus vs rouges
Ce bras de fer ne laisse plus beaucoup de place à la nuance. L’usine est aujourd’hui coupée en deux :
- Le conseil « bleu », soutien affirmé du management, actif jusque dans des gestes symboliques (vive le muesli !).
- La faction syndicale « rouge », représentant IG Metall, qui dénonce une montée de l’épuisement, de la pression et des méthodes considérées comme de l’intimidation.
Dans un pamphlet, IG Metall affirme sa ligne : « Nous voulons que nos collègues n’aient pas à craindre de perdre de l’argent s’ils tombent malades. » Le ton est donné, et la question plane lourdement au-dessus des chaînes d’assemblage : faudra-t-il choisir entre santé et salaire ?
Dans cette partie de bras de fer aux allures tragico-comiques, une chose est sûre : à Grünheide, la tempête sociale ne se calme pas à coups de barres de céréales. Et pour les salariés qui espéraient seulement une rentrée sans remous… il faudra sans doute patienter encore un peu avant de goûter à la sérénité. Courage, camarades de la Gigafactory !

Passionné d’automobile depuis l’enfance, Antoine a grandi entre les circuits de ses petites voitures et les pages des magazines spécialisés. Après des études en design industriel et plusieurs années passées dans le milieu de la mécanique, il décide de créer Vintage Heroes pour partager son amour des belles mécaniques d’hier comme d’aujourd’hui.
Curieux, minutieux et toujours à l’affût d’un modèle rare ou d’une belle histoire de restauration, Antoine mêle expertise, anecdotes et coups de cœur dans chacun de ses articles. Ici, il donne vie aux voitures qui ont marqué leur époque et à celles qui marqueront la nôtre.




